En 1453, Constantinople cède sous la poussée de larmée turque menée par Mehmet II. La ville compte alors 60 000 habitants : un grand nombre se réfugie dans la basilique Sainte-Sophie, où se déroule le plus sanglant des massacres. Deux frères dune famille grecque orthodoxe, Constantin et Nicolas Dionous, parviennent à séchapper. Ils vont tenter leur chance séparément, lun vers Antioche, tandis que lautre, peintre dicônes, espère atteindre la Russie. Ils se font la promesse quun jour leurs descendants se retrouveront.
Après Louves de France (Les Notes décembre 2019), Catherine Hermary-Vieille retrace, dans une écriture très fluide, le parcours sur cinq siècles dune lignée issue des deux rescapés, et qui a essaimé parallèlement en Orient et en Russie. Confrontés à lexil, de génération en génération, les Dionous sadaptent malgré les bouleversements de lHistoire. Avec habileté, lauteure évoque, dans de courts chapitres réservés à lune ou lautre des parentèles, leur quotidien au sein des lieux quils traversent ou dans lesquels ils sétablissent. La fresque historique en toile de fond est à la fois riche et dune remarquable clarté, malgré la complexité des parties déchecs qui se jouent entre les diverses puissances. Lensemble est passionnant, tant la vie et lHistoire, étroitement liées, saccordent à la perfection. (P.H. et A.Be.)