Pour lauteur du Règne animal (Les Notes octobre 2016 ; prix Livre Inter 2016) lhumanité est décidément cruelle, y compris dans la sphère familiale, une constante universelle représentée en exergue du livre par un groupuscule des temps préhistoriques luttant pour sa survie Puis débute le roman, focalisé sur une famille nucléaire : le père mystérieux et brutal revenu après une longue absence, la mère, mystérieuse elle aussi mais aimante et le fils de neuf ans attentif à épier ce monde adulte. Autre personnage clef, un refuge de montagne, isolé, délabré, où plane la mémoire et le malheur du grand père. Le père y entraîne sa famille. Un huis-clos se met en place. Tout autour, la nature omniprésente et changeante reflète lambiguïté de leur relation : amour, désamour, jalousie et transmission inéluctable de la violence des pères. Une écriture superbe sattache aux moindres détails tout en maintenant lopacité des non-dits. Au fil des pages la faune et la flore semblent prendre plus de place que les êtres humains, réduits à cette triade emblématique et jamais nommée, père, mère, fils. Ainsi, dans cette très habile narration, la tension monte-t-elle dans un crescendo haletant ponctué de métaphores panthéistes. Un roman magnifique, subtil et profond. (C.G. et M.-N.P.)