« Je rencontrais une écriture qui crevait la surface protectrice de la vie pour toucher lâme, le corps qui souffre ce quun être humain ne doit pas souffrir. Les mots peuvent dire ce quil est à peine supportable de voir, et de concevoir. Et ils peuvent ramener lamour que Charlotte Delbo avait eu pour toutes celles, ceux quelle avait vu souffrir. La lucidité, la capacité de dire et décrire était là. Une langue pouvait rendre ce qui avait eu lieu. Le trou que faisait dans notre humanité la catastrophe dAuschwitz, un écrivain me donnait le moyen de le raccommoder avec une uvre qui en faisait le récit. Elle avait cherché la beauté de la langue dans le terrible des mots ciselés en arrêtes coupantes. Elle les disait avec la douceur qui prend quand lau-delà de la douleur est atteint.
Elle lécrivait des années plus tard, ouvrait les images restées, elle interrogeait avec liberté les souvenirs au moment où elle les écrivait, elle découvrait la vie retrouvée ». G. D.
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Prix Femina Essai 2016