Le 6 décembre 2013, Gin, qui est revenue de New York où elle vit depuis plus de vingt ans, se prépare à organiser une fête à Johannesbourg pour les quatre-vingts ans de sa mère. Le même jour, à lannonce de la mort de Mandela, une foule bigarrée converge vers sa résidence située à quelques rues de là. Dans une ambiance électrique, Gin plonge dans le passé douloureux quelle avait voulu fuir. Fiona Melrose, qui vit entre le Royaume-Uni et lAfrique du Sud, décrit dans ce deuxième roman (Midwinter, NB avril 2018) une ville quelle connaît bien. Son écriture très suggestive évoque la chaleur suffocante, le vacarme des rues, linsécurité permanente, les inégalités sociales et la violence de lapartheid, mais aussi la beauté des paysages, des jardins luxuriants et des compositions florales. La voix donnée à chacun des personnages restitue la complexité des caractères, les multiples interactions entre les uns et les autres, les hésitations et les non-dits dans un va-et-vient permanent entre le présent et les ombres du passé. Ce roman polyphonique porte limmense espoir de liberté de tous ceux qui sont brimés par la ségrégation sociale ou étouffés par les contraintes dune société arrogante, bloquée dans sa suffisance. (A.-M.G. et C.-M.T.) (source : les-notes.fr)