Lancé dans le cinéma pour reconquérir lamour perdu dune actrice dont il était fou, Santiago Amigorena raconte quarante ans ans du Festival de Cannes : quarante ans de films, de dîners, resquillés puis officiels, de fêtes, damitiés, de virées en smoking et en scooter, de champagne et de plages, au cours desquels il rencontrera deux des amours de sa vie. Pour lui, qui consacre chaque jour à laube plusieurs heures dascèse à lécriture, ce « côté de Cannes », festif, mondain et superficiel constitue son « temps perdu », qui deviendra progressivement « son temps retrouvé », au fur à mesure que lécoulement des années, la maturité, la mort des amours, les enfants marquent son devenir, comme une relecture de sa vie dexil.
Dans ce « premier chapitre » de la « dernière partie » de son « Dernier Livre », entamé en 2004, Santiago Amigorena (La Justice des Hommes, Les Notes novembre 2023), scénariste, réalisateur et écrivain dorigine argentine, poursuit son épaisse et magistrale autobiographie. Dun abord ardu, alambiquée, complaisante, même si elle ne manque pas démotion ou dautodérision, cette confession littéraire très narcissique, qui veut tout écrire pour épuiser toute écriture, népargne au lecteur ni la sexualité hâtive, ni les débordements lacrimaux de lécrivain, qui lapostrophe familièrement. Précieux, constellé de références littéraires parfois hermétiques, « sautocitant », ce « mentir vrai » au style musical et proustien cherche une écriture édifiante qui lui confère une tonalité un peu artificieuse. (D.M-D. et A.Be.)
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