Abidjan. Paul gît sur le sol de son appartement dévasté. Au service de la DGSE et sous couverture de négociant en vin, il mène une enquête audacieuse sur une affaire de corruption à des niveaux élevés. Convalescent, il cherche à identifier ses agresseurs, réclamant vainement des soutiens. Ses questions ont sonné lalerte, le neutraliser devient une évidence.
Journaliste et expert en géopolitique africaine, fin connaisseur de la Côte dIvoire, Antoine Glaser (Sarko en Afrique, Les Notes décembre 2008) signe une fiction sur fond de réalisme africain. Quotas de cacao, trafic de cocaïne, montages de prêts immobiliers, tout se monnaie à Abidjan. La corruption semble invincible, fondue dans les pratiques et les murs des dirigeants politiques ou administratifs tandis que les principaux pays partenaires regardent ailleurs. La communauté des destins entre la France et lAfrique nexiste plus et lagent, lâché par ses services, met en péril sa vie et celle de son entourage. Ce récit, où Mossad et Hezbollah sépient, décrit par le menu petite et grande corruption, et suit la progression dune cargaison de cocaïne, ses intermédiaires, les factions impliquées et lélimination de ceux qui ont trop parlé au petit Français. Dans un suspense bien ficelé et prenant, Antoine Glaser embourbe avec adresse un récit inconfortable et édifiant dans le marigot ivoirien. La fin est abrupte, comme la nuit africaine. (Maje et A.-M.Gi.)