Claire Berest (Lépaisseur dun cheveu, Les Notes septembre 2023) a couvert pour Paris-Match le procès de Mazan fin 2024, à partir duquel elle analyse un fait divers insoutenable devenu fait de société. Cest par hasard quont été découverts dix ans de viols sous sédation mis en scène par un mari collectionneur de vidéos qui convoquait et coachait au domicile conjugal ses invités, les co-accusés. La victime, ayant dépassé la sidération de cette révélation survenue après cinquante ans de mariage heureux, est devenue icône du féminisme : Gisèle Pelicot a donné son visage à voir au tribunal, a refusé le huis clos pour les projections des images monstrueuses, afin que les femmes sachent que « si Madame Pelicot la fait, on pourra le faire ». Pour explorer lâme humaine face au mal et approcher le bien, lauteure convoque des personnalités majeures, particulièrement la philosophe Simone Weil, mais aussi des criminologues qui ont inspiré son titre. Elle étudie la psychologie et le passé des violeurs, explicite les décisions du président de la cour criminelle et lindividualisation de leurs peines pour nen faire ni des exemples ni des symboles. Elle approfondit lenjeu juridique de différencier intention et préméditation. Et la normalité est questionnée pour dénoncer la culture du viol.
Un récit un peu confus, sans complaisance malsaine qui suscite parfois un certain malaise, dans lequel lauteure qui simplique personnellement garde la bonne distance. Tout à fait intéressant, il ouvre de multiples pistes de réflexion. (J.H. et M.Bo.)
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