Rome, années 2020 : le célèbre professeur de littérature et écrivain reconnu Sacerdoti, la cinquantaine passée, na plus la flamme sacrée. Élevé dans la solitude par un oncle, il a appris à se résigner : écarté de luniversité à cause de citations misogynes de Flaubert, ce célibataire endure un lynchage médiatique féministe. Devenu ensuite, presque malgré lui, le tuteur dun lointain petit-cousin de neuf ans, il sapplique à bien faire et sy attache. Après quatre ans, la famille surgit pour lui reprendre lenfant.
Cet homme mûr, lucide sur « sa passivité auto-infligée », analyse les moments décisifs de sa vie. Lhumour et lautodérision le protègent du désespoir : misanthropie, échecs avec les femmes aimées, ciblage par des féministes extrémistes, apprentissage maladroit à vivre avec un enfant qui comme lui se retrouve sans parents, bonne volonté à respecter pour son protégé les rituels juifs dont il sétait éloigné, référence récurrente à une affirmation de lillustre écrivain normand « Je trouve les enfants terriblement embarrassants », culpabilité envahissante, petits arrangements avec lui-même. Loin de lautocomplaisance et des bons sentiments, lémotion est là. Le style parfaitement maîtrisé, avec dinattendues ruptures de ton, est à lunisson. Ancré dans le monde contemporain, rappelant un peu au début La Tache de Philip Roth, ce roman dintrospection dAlessandro Piperno (La faute, Les Notes avril 2023), qui mêle rire et nostalgie, séduit. (J.H. et A.Le.)
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