Né en Virginie, T. Jefferson bénéficie dune éducation assez exceptionnelle : auteurs classiques bien sûr, littérature anglaise, mais aussi philosophes des Lumières, scientifiques et mathématiciens. Avocat à vingt-quatre ans, il connaît une ascension politique rapide : gouverneur de Virginie, plénipotentiaire en France, ministre puis Président des États-Unis deux fois. Il se retirera dans son domaine de Monticello, plantation cultivée par des esclaves. Veuf jeune, avec deux filles, il ne se remarie pas mais aura des enfants de sa maîtresse-esclave Sally Hemings, ce quil cachera toujours. Une des contradictions de cet homme « dambition profonde et de passions violentes. »
Cette biographie, factuelle et détaillée sans être pesante, décrit avec une tranquille impartialité le parcours dun homme politique éminent qui participa à cette période fondatrice et célébrée où se construisait la République américaine pleine de grands sentiments. Il a fallu se débarrasser de la mainmise des Anglais, non sans batailles ni affrontements internes. Vénéré pour la déclaration dIndépendance de 1776, respecté pour le développement du territoire (achat de la Louisiane) et son souci des libertés civiques, Jefferson est lun de ceux dont la tête est sculptée dans la pierre du Mont Rushmore. Mais lauteur ne cache pas certains aspects déplaisants de ce héros américain, dont le racisme et le refus dabolir lesclavage, même contextualisés, sont les pires. La notoriété, méritée, ne doit pas exclure la lucidité : comment cet humaniste fervent est-il aussi resté un homme de son époque et de son terroir. (M.W. et B.T.)