Holy, la belle quarantaine, est assise dans le métro de New York, son sac Birkin à côté delle, lorsquune petite main savance, tentée par la breloque en peluche qui lui est attachée. Holy est joaillère, mariée et sans enfants. Elle saisit et écarte le coude de la jeune voleuse. Et se rend compte, inquiète, des regards réprobateurs qui convergent vers elle. Dans un quartier bien plus populaire, la jeune métisse Azaria, apprentie tatoueuse, réfléchit à sa situation : elle a dix jours pour décider si elle garde le bébé dont elle est enceinte car son amant est reçu dans une université californienne et va y partir.
Le récit, vivant, circonstancié, joyeux, serpente à travers New York de part et dautre du fleuve, entre les destins si différents de ces deux femmes, animées lune et lautre dune sympathique énergie. Mais Holly est à un mauvais tournant, sa petite société risque de disparaître, Tom, son mari parfait, va séloigner delle, tandis quAzaria a sa vie devant elle. En arrière-plan, deux thèmes affleurent : le racisme en Amérique et ladoption, car Azaria, adoptée par une bienveillante famille daccueil, désire rechercher ses parents dorigine. Le style se veut familier pour les dialogues, soigné pour le suivi de lintrigue. Longtemps journaliste, devenue romancière, Laurence Peyrin (Sous le soleil de Soledad, Les Notes avril 2023) raconte ici une belle histoire, pas du tout superficielle. (M.W. et B.T.)