En 1978, à Chicago, deux jeunes étudiants se rencontrent. Il y a William, beau, très grand, passionné de basket mais brisé par lindifférence glaciale de ses parents. Et il y a Julia, volontaire et ambitieuse, laînée de quatre filles très soudées, dune famille plus modeste, mais chaleureuse : le père, Charlie, aimant et réservé, la mère autoritaire et fantasque et Sylvie lintellectuelle, Cecelia lartiste, Emeline la maternelle. William et Julia se marient puis se séparent brutalement après la naissance dune petite fille et la tentative du suicide du jeune père. Le clan familial se disloque jusquà la mort de Sylvie qui leur transmet un manuscrit sur lhistoire de la famille.
Lintrigue avance lentement par de courts chapitres datés où chaque personnage raconte ce quil vit entre 1960 et 2008. Le cadre et les événements sont à peine esquissés. Ann Napolitano consacre son analyse aux liens amicaux mais surtout familiaux. Elle dénonce les ravages psychologiques et physiques engendrés par une enfance catastrophique. Elle raconte la force puisée dans une fraternité fusionnelle malgré les différences, très influencée par Les quatre filles du docteur March. Mais la famille, cocon épanouissant, peut devenir un carcan dont il est vital de séchapper. Les choix de vie, les non-dits, les maladies, les ruptures, les deuils peuvent dégrader les relations les plus étroites, mais la consolation, la guérison et la réconciliation restent possibles. Un livre attachant, optimiste, qui a déjà connu un grand succès aux États-Unis. (M.W. et M.S.-A.)