1848, J. Marshall découvre des éclats lumineux dans une rivière de Californie : cest le début de la folle Ruée vers lor. En quête de fortune rapide, sans état dâme, les pionniers contraignent la Nature et exterminent les populations natives. Années 2020, Théa, jeune chercheuse venue travailler dans la région désormais en proie aux incendies violents ou aux crues répétées, mesure le prix de ces dévastations.
Dans un récit vivant, Nina Leger (Antipolis, Les Notes, mars 2022) mêle les voix du passé et du présent : figures pionnières aux projets grandioses mais destructeurs, désarroi des vulnérables qui voient leur monde disparaître, inquiétude des générations actuelles face aux retombées écologiques et humaines. Après lor, cest leau qui devient précieuse, alors on détourne des rivières, on engloutit des villes, on construit un gigantesque barrage. La jeune héroïne estime avoir une dette envers ce passé brutal quelle ne sait comment compenser : son arrière-grand-père anthropologue a observé, plusieurs années durant, dun il scientifique le dernier Indien survivant. Le destin de celui-ci considéré comme une pièce de musée et les extraits de journaux justifiant les massacres sont poignants. Ce roman sans grandiloquence propose un éclairage intéressant sur lhistoire dun état américain, symbole de progrès et de prospérité mais à quel prix. (A.-M.Gi. et V.A.)