Alors que Gyeongha tente de fuir « les cauchemars qui dévorent sa vie », elle reçoit un message de son amie Inseon lui demandant de venir de toute urgence à lhôpital. Celle-ci, photographe, cinéaste et menuisier, habite Jegu, une petite île à louest de Séoul et vient de se trancher deux phalanges. Immobilisée pour une période indéterminée, elle supplie Gyeongha de se rendre sans tarder dans sa maison pour nourrir son perroquet resté sans nourriture. Malgré une terrible tempête de neige, Gyeongha fait le voyage et découvre sur place des documents attestant un passé tragique.
Han Kang écrit avec beaucoup de délicatesse un nouveau roman qui relate les massacres de la guerre de Corée. La rudesse du climat et les flocons qui tombent assourdissent tous les bruits et créent une atmosphère froide mais ouatée. La première partie annonce le drame qui va réunir les deux amies dans un projet qui consiste à planter une forêt de troncs morts en mémoire des 30 000 victimes fusillées et jetées à la mer. Le lecteur est pris entre rêve et réalité. Les terribles exactions sont décrites au travers darchives familiales. Les fantômes se mêlent aux vivants, lamie hospitalisée est présente en esprit sur lîle, ce qui rend la lecture un peu difficile. La description de la nature hivernale, le style souvent très poétique, léloge de lamitié réussissent à capter lattention du lecteur. (C.M. et M.S.-A.)
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