Quand son amie Mado lui a proposé daller « dog-sitter » la chienne de son père pendant ses vacances, Fauvel a accepté : Cournac, en pleine campagne, au milieu de nulle part, de quoi la libérer du poids de la ville, de ses angoisses et de ses bad trips
Mais autour dHannah, la chienne clonée dont elle a la garde, un « sous-texte de menaces » prend forme pour construire une intrigue cauchemardesque et glauque sur fond de campagne tristement hivernale, territoire sans partage dune bande de chasseurs, désuvrés par le marasme économique local, enferrés dans une histoire fétichiste dextra-terrestres qui les soude et « légitime » une brutalité et une sexualité sans apprêt. Un terreau dangereusement irrationnel qui nourrit, autour de massacres et de mutilations dans les troupeaux, le réveil de peurs ancestrales : celles de la Bête quHannah réincarne à merveille. Ce climat délétère imbibe le personnage de Fauvel dont la perception de la réalité sort sans transition de ses nuits enfumées, comme si le récit tout entier en était le fruit. Le doute est séduisant ! Le roman aurait gagné en force si la romancière avait fait léconomie de personnages secondaires, qui distraient de lessentiel, pour maintenir jusquau bout la pulsation dune écriture qui dissout habilement les frontières de son univers romanesque. (C.B et M.T.D)