Tsila et Boris, les grands-parents maternels dAgnès, se sont installés à soixante-cinq ans dans une tour du très populaire treizième arrondissement de Paris, dans la rue du Château des Rentiers. Leurs connaissances rejoignent ces Juifs de Bessarabie arrivés en France dans les années 1930. Agnès pense avec nostalgie à la communauté joyeuse quils ont formée et se met à rêver dune petite société idéale quelle constituerait pour ses vieux jours avec ses propres amis.
À cinquante-huit ans, Agnès Desarthe (Cur de pierre, Les Notes janvier 2023) interroge son rapport au grand âge quelle envisage avec sérénité, dans un roman de composition très libre. Elle navigue du passé au présent pour mieux construire son avenir et défier la mort. Dans des chapitres courts, la romancière dialogue avec humour avec son alter ego, fait entendre pêle-mêle le chur des vieilles personnes qui témoignent, revient par touches discrètes sur le passé familial et sur les figures marquantes de sa vie. Au-delà des tragédies vécues par les siens sous lOccupation, elle met un point dhonneur à célébrer leur belle résilience. Elle pose les bases dun phalanstère vibrant où chacun pourrait sépanouir et bâtir ses projets. Un hymne à la joie enthousiaste qui accueille les chers disparus dans des échanges à la fois émouvants et drôles. Un roman revigorant et riche en leçons de vie dispensées ici et là, sans jamais peser. (A.K. et A.Le.)
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