Pour nommer ce recueil de nouvelles, certaines déjà parues dans différents magazines, Jean-Marie Gustave Le Clézio utilise le joli mot de « avers », le côté face dune médaille. Aux indésirables quil met en scène, il donne un visage et nous invite à connaître leur histoire, en regardant le côté pile. Quelles viennent du Maghreb, de lÎle Maurice ou du Panama, ces nouvelles dune grande musicalité font émerger des figures denfants, de femmes, de « rejetés », dhommes qui ont quitté leur pays nemportant avec eux comme bien le plus précieux que le nom de ceux quils aiment. Ce sont des histoires qui se ressentent, empreintes dune langueur mélancolique propre à lauteur (Chanson bretonne, Les Notes mars 2020). Sy côtoient le murmure du vent, les berceuses créoles, le chant des femmes et le rire des enfants, le bruit de la guerre, les larmes des émigrés. Zébrés de désespoir et despérance ces récits doux-amers se lisent en se laissant bercer par lesthétisme de la langue. Écrivain mauricien de langue française, comme il aime à se définir, Le Clézio compose une uvre nomade à lécoute des autres, bruissante de vie. Avec ces nouvelles parfois sans chute ou à lépilogue comme suspendu, issues de ses rêves ou de ses rencontres, il nous offre des ailleurs, une possibilité de révolte et une invitation à rendre à lautre toute son humanité. (Maje et C.R.P.)