1848. Maria Oliverio, sept ans, vit à Casole, en Calabre, sur le haut plateau de la Sila, dans une famille pauvre de cinq enfants. Son père, journalier opiniâtre, trime pour des maîtres « libéraux », anti-Bourbon ; sa mère tisse jour et nuit pour les riches propriétaires dune célèbre filature. La sur aînée, Thérèsa, « cédée » treize ans plus tôt à des nobles, réintègre sa famille, après la mort de ses parents adoptifs. Mais Thérèsa, frustrée, poursuit de sa haine Maria quelle écarte du foyer. La jeune fille épouse Pietro, violent et brutal, quelle suit lorsquil prend le maquis, déçu par laventure garibaldienne.
Instructif, ce roman dhistoire et de terroir est inspiré par la vie dune héroïne réelle, devenue célèbre sous le nom de la Cicilla. Lintrigue pâtit quelque peu du mélange entre lHistoire et la petite histoire dune famille. Mais les illusions « fusionnelles » suscitées par le Risorgimento entre la bourgeoisie libérale et le prolétariat agricole sont finement analysées. On peut éprouver une certaine empathie pour ces aventuriers quasi contraints de devenir des brigands. Sils rançonnent, pillent les riches, cest pour restituer une partie du butin aux malheureux. Magnifique description dune nature âpre, entre forêt et montagne. Cest aussi le récit du destin singulier et de la quête de liberté au XIXe dune fille du sud de lItalie, évidemment patriarcal et misogyne. (D.M.-D. et M.S.-A.)