« La femme au cardigan jaune » épie celle quelle nomme « la femme à la jupe violette ». Cette dernière, toujours vêtue de la même façon, sassied avec une régularité sans faille sur le même banc, dans le même parc, le même jour, à la même heure pour y manger une brioche à la crème. Elle semble vivre seule, occuper passagèrement des emplois précaires. Lautre, qui souhaiterait entrer en contact avec elle, tente gauchement de laider. « La femme à la jupe violette » finit par trouver un emploi de femme de ménage dans un grand hôtel où travaille justement « la femme au cardigan jaune ».
Que cherche véritablement la narratrice, « la femme au cardigan jaune » dans sa fascination pour « La femme à la jupe violette » ? Peu à peu se révèlent des éléments de sa vie, comme en écho avec celle de la femme qui lobsède. Dans cette fable cruelle remarquablement construite, dévoilant une société où seuls comptent les impératifs de survie et la soumission à lapparence, doù sont bannis sentiments et émotions, lidentité des deux femmes se trouble et elles deviennent, peut-être, les deux faces dun même être. Avec une écriture acérée et une grande maîtrise de limage, Natsuko Imamura éclaire les rigueurs de la société japonaise. En 2019, ce roman saisissant a été couronné par le prix Akutagawa, le plus prisé du Japon. (C.P. et M.W.)
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