À la fin des années 70, Eyglo, une amie de Konrad, policier en retraite esseulé et mélancolique, est sollicitée comme médium par la propriétaire dune maison qui répandrait des ondes maléfiques. Eyglo confirme à la propriétaire que le malaise quelle ressent est bien réel, et lui suggère de vendre. Des années plus tard, on découvre dans la maison un squelette emmuré ! Eyglo intéresse Konrad à lénigme, alors quil reprend par ailleurs lenquête jamais élucidée sur le meurtre de son père. Les deux enquêtes finissent par se croiser.
Dans ce vingt-cinquième roman, Arnaldur Indridason (La pierre du remords, les Notes février 2021) réutilise efficacement le procédé denquêtes enchevêtrées. Lintrigue, rapidement prévisible, à lexception dun détail inattendu dans la phase finale, progresse régulièrement dans de courts chapitres. Malgré la multiplicité des personnages et la double temporalité du récit, la lecture est fluide, agrémentée par les états dâme coupables dun héros un peu à la dérive, partagé entre ses errements passés et son aspiration à la sérénité. Sans afficher dambitions métaphysiques, lintérêt principal du livre tient à lomniprésence dun mal qui gangrène la société, auquel nul milieu social, ni famille, ne semble pouvoir échapper, à une génération ou une autre. Du coup les protagonistes paraissent faire écho à des situations vécues par dautres, dans un récit qui est marqué du sceau de la répétition et interdit déchapper à la fatalité. (D.M.-D. et V.A.)